lundi, 30 juin 2008
Perles de culture
Aujourd'hui j'ai subi la pathétique correction du brevet des collèges.... maigre récolte perlière, mais on fera avec.
On commence par de sérieuses difficultés de repérage dans le temps. Du style:
Le règne de Louis XIV qui débute en 1919, la chute de Constantinople en 1941 et le temps des cathédrales au 5ème millénaire (avant JC ?? pas possible, y'a pas de chrétiens! après JC??? pas encore eu lieu...) et oui, ce qu'il y a de bien avec certains candidats quand ils mettent une date au pif, c'est vraiment au pif, surtout pas de réflexion!!! faudrait pas se faire une entorse des neurones juste avant les vacances!
Quelques problèmes de syntaxe:
Le taux d'armement a croitré.
Hitler remilite la Rhénanie
Un peu d'utopie:
La France est pour un monde meilleur.
Deux trois confusions:
Hilter supprime le pouvoir des soviets
Le pacte germano-soviétique a été conclu avec la Pologne... (euh.. non, mon petit. "germano-soviétique" on a dit : entre germains et soviétiques!! c'est quand même pas compliqué!).
Le symbole républicain derrière le maire sur la photo : le buste de Marie Antoinette (grande républicaine c'est bien connu... l'avantage de la décapitation c'est qu'on peut faire un moulage avec le morceau qui interesse, plus besoin de se casser le bol à sculpter en vrai!)

Vivement l'année prochaine...
21:09 Publié dans J'ai pas un métier facile! | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : perles, brevet des collèges
jeudi, 26 juin 2008
fin d'année scolaire
En ce moment, j'ai une vie séxuelle professionnelle délirante. Si. Vraiment.
Alors déjà, il a fallu finir l'année avec les éléves.... Problématique pédagogique du moment : comment occuper intelligemment (?!) et efficacement des élèves qui n'en ont plus rien à cirer et dont certains ne se sont de toutes façons jamais mis au travail de l'année? D'autant qu'à 800 euros la gifle, il faut trouver une occupation qui génère le moins de stress possible! Alors qu'est-ce qu'on fait?
Option 1 : un film. C'est ballot j'en ai pas!
Option 2 : les coller devant internet sur un site qui propose des quizz d'histoire-géo par niveau de classe.
Option 3 : manger... ouais le gouter dans toutes ses variantes possibles et à n'importe quelle heure de la journée a toujours très bonne presse quel que soit l'âge des protagonistes.
bilan : deux heures à bailler en salle multimédia et à surveiller d'un oeil qu'ils n'aillent pas sur d'autres sites, une défaite monstrueuse au UNO, des bonbons, des gâteau, du coca, du jus de fruit.. et du ménage. Un petit pincement au coeur parce que mes petits 6ème me réclament pour l'an prochain.
Parallèlement, il a aussi fallu se coltiner un peu de surveillance de bac. Ou comment s'ennuyer ferme dans le lycée public du secteur. Alors une fois qu'on a distribué les sujets, lus les dits sujets, complété le PV de surveillance et posé ses fesses dans une chaise... on a bien tué 10 minutes... allez plus que 3h50! Alors là, diverses stratégies sont à mettre en oeuvre pour ne pas piquer du nez sur sa chaise:
1. Se faire remplacer 10 minutes pour aller boire un café
2. Se faire une joie d'escorter un candidat jusqu'aux toilettes (et là où c'est pas de chance, c'est quand ils sont juste à côté, on ne peut même pas marcher un peu)
3. Bouquiner... le problème c'est que de temps en temps il faut se sortir le nez du bouquin des fois qu'ily en ait un qui réclamerait du brouillon (et là faut pas se planter dans la couleur!! 'tantion, faut avoir fait des études pour faire ça).
Quand le bac est fini, du moins pour sa première partie, il faut aller surveiller le brevet des collèges. Et re-belotte, même problématique et mêmes enjeux... mais ça dure moins longtemps. Ce matin j'ai même lu la dictée pour m'occuper.
Et après?? ben après le brevet faut le corriger. Ça c'est au programme de lundi.. Du coup pas de réunion pédagogique de fin d'année puisque pour le moment je ne peux pa me dédoubler (mais un jour peut être).
Et après? les vacances? non non, parce que comme dans mon établissement on a bien la poisse, les épreuves de rattrapage sont transférées chez nous... et là qu'est-ce qu'on fait?? du secrétariat d'examen et du sécretariat de jury. Ça aussi c'est épanouissant et intellectuellement enrichissant (parce que financièrement que dalle! c'est une obligation de service comme une autre). Et qu'est-ce qu'on fait me demanderez-vous??? ben... comment dire... on accueille les examinateurs (bonjours bienvenue, le café c'est par là) On accueille les candidats (Bonjour, les toilettes c'est par ici), on distribue les livrets scolaires si on nous les demande, on fait du café, on range les livrets scoalires, on se fait engueuler parce qu'il n'y a plus de café... Et quand on est secrétaire de jury, il faut tendre les papiers à signer au président, parce qu'il peut pas tout faire en même temps!! et prononcer la décision et attrapper les papiers à signer! Après il faut faire la saisie informatique des décisions. Si le serveur du rectorat n'est pas saturé.
Bref, y'a pas à dire, c'est super génial!
14:37 Publié dans J'ai pas un métier facile! | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : bac, brevet, fin d'année scolaire
dimanche, 01 juin 2008
Le bal du lycée
Durant cette folle semaine durant laquelle j'ai brillé par mon absence, j'ai du affronter, outre les galères habituelles de fin d'année, le BAL DU LYCEE. Quoit'est-ce????
Une idée venue d'Autriche (et non pas des States). Cet hiver, des lycéens ont participé à un échange scolaire à Graz et ont pu assiter au bal des lycéens. Le vrai bal, dans une vraie salle, avec des vraies tenues de soirée. Ça les a tellement ébloui qu'ils ont voulu en organiser un chez nous. Alors deux de mes collègues et les délégués de classe se sont attelés à la tâche.
Et mercredi soir : levée de rideau.
Le cadre : une belle salle en bordure de forêt avec vue sur les passes du Bassin et la presqu'île du Cap Ferret. C'est dommage que la météo n'ait pas été de la partie. Un buffet copieux, des fleurs et des bougies pour décorer, quelqu'un à la sono et un photographe pour immortaliser l'évènement. Les élèves : ils tous ont joué le jeu, dans la mesure de leurs possibilités. Toutes les filles, même les moins féminines portaient une robe ou une jupe. Elles avaient mis de jolies chaussures à talons... quitte à enfiler des ballerines en cours de soirée ou à danser pieds nus. Certaines étaient mêmes passées chez le coiffeur. Un seul garçon a osé se pointer en jean. Tous les autres ont sorti le pantalon, la chemise, la veste, et pour certains la cravatte ou le chapeau! Ils étaient vraiment beaux! Les collègues, un peu moins... mais ils feront mieux l'an prochain. Moi pour la circonstance j'avais investi dans une robe noire trouvée en ligne chez Mango. (Désolée, je n'ai pas encore de photos!!).
La soirée s'est bien passée. Le petit bémol : un problème d'éducation déjà constaté :les élèves dans la grande majorité n'ont pas salué les professeurs et n'ont pas aidé à ranger la salle à la fin...
En ce qui me concerne je suis partie vers minuit, morte de fatigue.... et j'avais cours le lendemain à 8 heures. Grosse fatigue et grosse migraine, mais dans l'ensemble l'expérience est postive!
12:32 Publié dans J'ai pas un métier facile! | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : bal, lycée
samedi, 19 avril 2008
6 semaines
Qu'est-ce que 6 semaines dans la vie d'un prof? pas grand chose me rétorquera-t-on! certes. Mais l'enseignant étant intrinséquement un être argneux et râleur, je vais enfin laisser libre cours à mes plus bas instincts. Comme disait, je ne sais plus qui, chassez le naturel, il revient au galop!
6 semaines... de merde! 6 semaines de cauchemar durant lesquelles rien ne m'a été épargné!!! tout y est passé
- tous les bulletins trimestriels à se cogner + les soporofiques conseils de classe qui vont avec
- une inspection
- deux sorties pédagogiques : une cauchemardesque déjà évoquée (assortie d'une crise de nerfs post-traumatique), une sous la pluie. Et le patrimoine bordelais sous la pluie, transis de frois: c'est super sympa!

- la pluie justement... la pluie sur les élèves, c'est comme la viande pour les gremlins passé le coucher du soleil : ça les rend dingues et ils se transforment en petits monstres teigneux (et mouillés). Et de la pluie il y en 6 jours sur 7 durant 6 semaines, je vous laisse imaginez l'ambiance...

- 45 copies de brevet blanc que je ramène dans mon sac, histoire de na pas perdre la main pendant les vacances
- Et la cerise sur le gâteau : le vent de psychose qui s'est levé sur l'établissement dans le courant de la semaine et qui s'est transformé
en tempête hier matin. La cause : une tradition folklorique lycéenne denommée "père-cent". Or, il y a une dizaine d'années, ladite festivité s'est transformée en assaut de notre établissement par l'autre lycée... avec quelques blessés à la clé. D'où mesures préventives entre les deux chefs d'établissement pour éviter de renouveler ce genre de triste expérience. Or cette année changement de proviseur chez les voisins, et à priori, rupture des relations diplomatiques : d'où vent de panique. Lettres aux parents pour les prevenir de ranger leur progéniture, police informée, établissement barricadé, et le directeur et le CPE eux-mêmes en faction devant la seule issue : un portillon de moins d'un mètre de large... Etant rentrée courageusement me planquer chez moi bien avant le début supposé des hostilités, j'ai quand même par acquis de conscience passé un petit coup de fil vers 16h15 pour savoir s'il y avait des morts. Mais à ce moment là, aucune bataille rangée n'avait eu lieu.
Voilà pourquoi après tout ça, j'envisage d'hiberner une bonne semaine.
12:00 Publié dans J'ai pas un métier facile! | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : boulot, vacances
samedi, 05 avril 2008
Piqure de rappel anti-sortie pédagogique
Ah.. Bordeaux! une ville magnifique, récemment classée au patrimoine mondial de l'humanité. Bordeaux : une ville avec plein de gens, de la vie, des mââââââllllleess, des magasins de luxe, des beaux mecs partout (je l'ai déjà dit ça, non?), des restaurants, des bars, des hommes (v'là que je bave maintenant...). Bordeaux, le rêve.
Bordeaux avec une classe de 4ème : un cauchemar. Où pourquoi et comment j'ai fini aux chiottes en larmes à la récréation de 10 heures vendredi matin (hier donc, si vous me suivez bien)
Jeudi: 7h20, RDV au bahut avec mon collègue pour garage de voiture et départ à pied pour la gare d'Arcachon. Là-bas, 7h40, réception des 4ème pour enfournage dans un wagon direction Bordeaux. Bon déjà, 32 gamins de 14 ans dans un train : imaginez un peu le bordel.... enfin non, n'imaginez rien, vaut mieux pas....
Arrivée à Bordeaux. Ma troisième collègue organisatrice de l'expédition nous attend sur le quai de la gare. Comment on a fait pour rentrer tous dans un tram bondé sans se perdre, je ne sais pas, la Providence, je présume. Bon, nous voilà parti pour une visite de "Bordeaux 18ème siècle", on se pèle les miches, les mômes sont super énervés tout va bien. Et c'est là que la Providence commence à nous abandonner... En effet, à la pause pipi aux "Grands hommes", on en a perdu 2... mais on ne s'en est rendu compte qu'un quart d'heure plus tard. Je ne comprenais pas pourquoi mon collègue semblait inquiet... après j'ai compris... et par pure charité chrétienne, je ne détaillerai pas la suite de l'affaire.... bref, nous v'là parties avec ma collègue à la recherche des 2 disparus, laissant le groupe avec le troisième larron et la guide. Je sens la panique qui monte chez ma collègue.. moi je "gère" vu que je suis toujours sous Lexomil (y'a pas à dire, ce truc c'est formidable). Et puis au pire on appelera l'équipe de Jack Malone. Bon, finalement on récupère nos lascars... un peu merdeux pour le coup. On récupère le groupe. On va manger. On repart à pied... et là re-drame. Il faut savoir qu'un jeune mâle de 14 ans en train de faire l'équivalent masculin d'une pub pour shampooing parce qu'il le vaut bien, se soucie assez peu de regarder de chaque côté de la rue quand il traverse.. et tant pis s'il y a le tram. Or là, il y avait le tram.... avec un chauffeur qui a dû avoir une sacrée poussée d'adrénaline à en juger par le coup de klaxon qu'il a donné en voyant cettte espèce de "blondasse-mâle" sur SES rails à lui... et moi derrière, j'ai léxomil qui fait de moins en moins effet. Bref.... on amène notre troupe d'energumènes gonflés d'hormones jusqu'au tribunal pour assister à une audience. Pour la première fois de la journée, ils ne parlent pas, ne se plaignent pas, ne crient pas, ne mangent pas de bonbons, n'essayent pas de draguer la voisin ou la voisine. On le paiera cher à la sortie...
Retour à la gare, via les rues à pied et de nouveau le tram et tous les dangers potentiels qui vont avec. Forcément à la gare, y'a un problème. Du retard dans les trains. Nous on prend le 17h49... mais comme le 17h25 n'est toujours pas parti, on ne s'affole pas plus que ça de na pas voir le quai affiché. 17h45 : affichage du quai... bien sur le plus loin possible, sinon c'est pas drôle. Alors nous on y a va avec nos 32 boules de nerfs. Sauf que pas de bol, ce train là, ils ont prévu de le faire partir à l'heure...on ne trouve pas le wagon, on n'a pas recompté les gamins et entre temps on a perdu notre 3ème collègue avec dans sa poche les billets. Et voilà comment je me suis retrouvée seule dans le train avec toute la classe... (puisque un collègue de perdu et l'autre qui reste sur place). Au passage je me fait traiter comme du poisson pourri par une contrôleuse aimable comme un pitbull enragé, et dont j'ai supposé qu'elle était fort mal baisée... et là, les effets du Léxomil... on oublie. Comme c'est un TER qui s'arrête dans toutes les communes du coin, certains élèves sont autorisés par leurs parents à descendre avant Arcachon. Naturellement, il y en a qui ne fait attention à rien et qui oublie de descendre à son arrêt. Là je ne sais même plus que le Léxomil existe et je commence à gueuler sévèrement. Enfin arrivée sur place j'attends que chaque monstre soit récupéré par son géniteur et je m'en retourne à pied et seule dans mon établissement scolaire, pensant que cette journée de merde est enfin finie. Et bien non. Ma copine qui est aussi éducatrie au collège me téléphone pour savoir où est l'interne et qui la ramène.... Sauf que moi j'ai complètement zappé le fait qu'il fallait ramener une interne vu que c'est mon colègue perdu gare Sain Jean qui devait s'en occuper.... Là je sens que je vais craquer.. j'ai le noeud dans la gorge, je sens les sanglots qui montent mais ça ne sort pas. En fait l'autre andouille d'interne, elle est partie toute seule, sans prévenir!...
Bon.. après tout ça, je rentre enfin chez moi, toujours avec mon noeud dans la gorge, je suis épuisée, je prends un bain, je me fais un sandwich avec une petite bière et au lit.
Réveil douleureux : j'ai mal partout. Courbatures et contractures des mollets jusqu'aux mâchoires... et toujours ce fameux noeud et cette vague envie de chialer un bon coup... je vais en classe, heureusement qu'ils sont en devoir parce que je suis incapable d'assurer le cours. Et puis à la récré, j'ai voulu m'isoler de la salle des profs, mais ma collègue relativement catastrophée par la journée de la veille a voulu faire un débrieffing.... et là j'ai craqué... je n'ai pas pu aller assurer le cours suivant. J'ai repris mes esprits.. et un quart de Léxomil... et puis je suis allée donner le dernier cours de la matinée, et de la semaine.
Voilà.... je me souviens maintenant pourquoi depuis 4 ans je me refusais à toute sortie pédagogique. J'avais besoin d'une petite piqure de rappel. Le problème, c'est qu'il faut remettre ça jeudi prochain avec une autre classe!
01:22 Publié dans J'ai pas un métier facile! | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : sortie pédagogique, bordeaux
mercredi, 02 avril 2008
1er avril encore
Bilan de la journée d'une prof un 1er avril :
1 canelé et 8 poissons. Pas trop mal!
Pourquoi le canelé, parce que c'était l'anniversaire de Théo en 2nde. Vous n'imaginez pas la comédie qu'il faut faire pour se faire offrir un gateau par un élève quand on est une prof! Ça frise l'exploit!
Pourquoi 8 poissons? Ben parce que en récupérant ma 3ème "filou", le pire d'entre eux m'a demandé d'un air goguenard : "Melle S. m'a collé parce que je lui ai mis un poisson d'avril dans le dos. Vous me feriez pas ça vous? Vous ne seriez pas aussi catégorique?!". C'était donc le moment de réfléchir vite fait à une parade stratégique pour éviter le pire! Compromis trouvé: "pas sur moi, sur mon cartable".. et ben c'est pas tombé dans l'oreille des sourds aux alentours... Mes "petits" ont fait leur devoir, et quand ils ont eu fini je m'en vois plusieurs en train de découper leur brouillon.. pour une distribution de poissons avec remise de la copie... Bizarrement, pour certains, les poissons font la gueule et ont pas trop l'air causant... dois-je faire un quelconque parallèle avec ma personnalité?? Il y en qui a marqué "love you" dessus (petit rigolo!) et une poissonne (grands cils et lèvres pulpeuses).
Y'a pas à dire, j'ai pas un métier facile!!
22:47 Publié dans J'ai pas un métier facile! | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : 1er avril, poisson d'avril
lundi, 31 mars 2008
La "perlounette" du soir, qu'elle est mignonne
A propos de ceci, dans le cadre d'un devoir en 3ème sur la guerre froide:
question (perverse) de la prof (sadique), c'est à dire moi-même .Après avoir honteusement demandé d'identifier les deux pays symbolisés par ces personnages (ouh que c'est dur... mais il y en a qui n'ont pas trouvé...) je demande "que laisse-t-elle [la caricature] penser des continents représentés pendant la guerre froide?"
Réponse, tout en douceur et en naïveté : "cela laisse penser qu'ils s'en servent comme boucliers, et n'hésitent pas à se menacer avec des lances pointues"
.... c'est sur, les lances pointues en pleine guerre froide, ça glace le sang (si j'ose le jeu de mot...) à côté le nucléaire, c'est de la gnognotte!
23:06 Publié dans J'ai pas un métier facile! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : perle
samedi, 22 mars 2008
L'inspection
En dépit du fait que tout le monde s'en tamponne, je vais quand même raconter mon inspection.
Alors, mardi, il y a dix jours, ma collègue MJ m'annonce d'un air un tantinet coincé "L'inspecteur vient me voir mardi prochain" (le 18 donc). Ni une, ni deux, je fonce à mon casier et là je trouve un vieux bout de papier recyclé par le secrétariat (y'a pas de petites économies) m'annonçant la même sentence. Bref, moment de panique... gérer le truc en n'en parlant à personne.... pas de bol en moins de 30 minutes tout le monde le sait: collègues, vie scolaire, secrétariat, surveillant, personnel d'entretien, etc etc, même le documentaliste qui ne sort jamais de sa grotte est au courant! Crise d'hystérie. Bon pas grave, par "chance", le médecin que j'avais prévu de rencontrer dans l'après midi pour d'autres raisons avait déjà plus ou moins envisagé de me coller sous léxomil. Donc une petite semaine à un quart matin, midi et soir, j'étais finalement pas trop mal. J'ai revu un peu le cours prévu, sans tout le refaire non plus, j'ai bien potassé les derniers textes officiels à la mode... Voilà voilà.... On arrive au jour J. Cours à 8h avec mes 3èmes tout-mous : tout va bien. Cours à 9h avec mes petits 6èmes. Ça va aussi.... enfin jusque vers 9h30... où là je sens poindre une vague angoisse. Problématique : comment on finit un cours avec des petits marmots quand la peur vous procure une insupportable envie de courrir aux toilettes???? ben, on ruse, on leur laisse bien le temps d'écrire....comme ça on peut commencer à faire des exercices de respiration ni vu ni connu.. mais ça marche pas!!!Je commence même à ranger mes affaires avant tout le monde (regards dubitatifs des gamins). Enfin ça sonne. Par chance, dans la classe, il y a une assistante de vie scolaire pour un des enfants, et là je m'entends lui demander si je peux lui laisser gérer la sortie en récré parce que il faut absolument que j'aille aux toilettes....
Une fois réfugiée dans les dites chiottes, je me demande si je ne peux pas simuler un enfermement.. C'est arrivé une fois... à un inspecteur d'ailleurs! Il est resté bloqué dedans, il a fallu demonter la poignée pour le faire sortir (moi perso, j'aurais muré la porte.. mais bon...).
Bon allez, sortons de là, allons poser nos affaires dans le lieu où je vais magistralement professer mon savoir à des "apprenants" avides de culture, redescendons affronter l'homme. Première surprise, il me salue! La première fois, je n'ai pas eu droit à tant d'égards.. ben ouais, parce qu'il (il = le précédent qui par miracle est à la retraite)était au téléphone et que j'ai dû attendre qu'il finisse sa conversation pour commencer mon cours.... allez c'est parti pour 55 minutes de folie!! J'arrive à faire à peu près comme d'habitude avec mes élèves, même quand l'inspecteur se met à se promener, vient à mon bureau fouiner dans mes affaires, regarder le cahier d'appel (pendant que mes élèves eux sont complètement en train d'halluciner). A un moment j'en vois un petit groupe qui me fait de gros yeux avec des mimiques bizarres : j'avais fait une faute d'orthographe au tableau!
Bon, le cours fini, reste l'entretien. 2ème bonne surprise de la journée: la critique est constructive! (pas comme avec l'autre tâche qu'était venue la première fois!)
Je sors quand même de là dans un état second, pas trop capable de répondre aux questions des collègues. Je me dis que vais récupérer en déjeunant un peu.. oui, sauf que l'inspecteur étant lui aussi un être humain, il vient manger avec nous. 3ème bonne surprise : il discute tout naturellement avec les collègues et réussit même à se faire inviter pour prendre le café en salle des profs.
Après l'inspection de 2 autres collègues, il nous a tous réuni pour une rénion sur les changements en cours. 4ème bonne surprise : il est réaliste!!
Décidemment, ça change!
J'attends maintenant le rapport d'inspection, quant à ma note je ne la connaitrai que l'année prochaine.
Je suis rentrée chez moi épuisée, et le lendemain j'étais tellement déphasée que j'ai failli ne pas aller bosser : je croyais qu'on était samedi....
Enfin, voilà, une bonne chose de faite!
17:52 Publié dans J'ai pas un métier facile! | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : inspection
dimanche, 24 février 2008
Le support en carton du bout du rouleau
C'est sur les rotules que j'entament ces vacances d'hiver. Au bout du rouleau... j'attaque le support en carton. Du travail par dessus la tête, des élèves insupportables. Ça craque, ça pigne, ça pleure, ça revendique, ça renverse le contenu de son "blanco" sur le voisin. Bref, une vie de classe ordinaire au bout de 7 semaines de travail. Tout va bien. Les adultes en face, à commencer par moi, insultent leur réveil tous les matins, ont les yeux au fond du cul, comme disait péotiquement ma collègue quand j'étais une éstivale employée de lingerie dans une autre vie. Ça râle pour un oui, pour un non, pour un rien, ça revendique, ça proteste, ça pleure, ça se lâche. Bref, une ambiance ordinaire dans une salle des profs après 7 semaines de travail. Ce doit être pour cela que dans l'éducation nationale on a des vacances toutes les 6 à 7 semaines : c'est au bout de ce laps de temps que le risque de concrétisation des envies d'homicides est le pus élevé. Passé 7 semaines, là c'est prendre le risque d'une guerre civile.
13:05 Publié dans J'ai pas un métier facile! | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : boulot, vacances, grosse fatigue
mardi, 15 janvier 2008
La mutation
Il y a 10 ans, 11 même en fin d'année scolaire, je suis partie de ma région d'origine. Ce n'était pas vraiment un choix de ma part. Plutôt une "obligation". Une évidence qui s'est imposée. C'était devenu invivable. Alors je suis partie, la mort dans l'âme. Je me suis toujours dit que le jour où j'aurai une situation stable et un revenu je retournerai m'installer là-bas. Voilà, j'ai un boulot, j'ai un salaire... alors cet été je m'étais décidé. C'est le moment de demander à être mutée. Tout était clair dans ma tête, ma décision arrêtée. Le "mouvement des maitres" ne se fait que sur une période restreinte: en ce moment. La circulaire d'information est parue juste avant les vacances de Noël. J'avais donc prévu de m'en occuper à la rentrée. Je suis retournée là-bas pendant les vacances dans un état d'esprit assez particulier. Et puis je suis revenue, en laissant derrière moi mes certitudes.
Dans le doute, jeudi dernier je suis allée retirer le dossier au secrétariat. J'ai rempli toutes les rubriques administratives, justifiant pour la énième une foule d'informations déjà demandées à plusieurs reprises depuis mon inscription au concours jusqu'à ce jour, j'ai fait photocopier mes diplômes et mon dernier arrêté d'avancement. Et puis j'ai du rédiger une lettre expliquant ma situation.. ce qui aurait pu donner ceci:
"Cher monsieur de la CAE,
je m'appelle Chris, il y a 10 ans je suis partie de ma Vendée, et je voudrais y retourner. Le problème c'est que je suis juste un peu paumée. Enfin, un peu.. c'est un euphémisme.. complètement à côté de mes pompes serait plus exact. Je n'ai pas grand chose ici et plus grand chose là-bas. Je m'explique : je suis arrivée là où je suis après moultes péripéties... j'ai presque envie de dire que c'est par hasard, voire par erreur.. J'ai eu énormément de mal à m'adapter à la région dans laquelle vous m'avez affectée il y 5 ans. Aujourd'hui, j'ai quelques amis, un petit réseau de connaissances, tout petit certes... Et là-bas j'ai quoi.. ben c'est là que ça coince. Je pensais avoir une famille.. oui mais voilà, mon père a refait sa vie il y a bien longtemps et est bien trop occupé à admirer son "fils" à construire la sienne, d'autant que je me demande si je suis capable d'assumer la comparaison qui m'attend inévitablement... quant aux membres de ma famille, ils ont leur vie aussi.. Des amis me direz vous? ben là aussi je crois bien qu'il y une nouille dans le pâté.... 10 ans d'éloignement ça fait des dégâts.. la vie s'est chargée du reste. Des amis j'en avais. Ils se sont éloignés, dans tous les sens du terme. Le fait que je projette sur eux l'image négative que j'ai de moi même ne m'aide probablement pas. Alors voilà, dans le doute je vous fournis le dossier bien complété comme vous l'avez demandé... comme ça c'est vous qui trancherez! Allez, bon courage"
Voilà.. j'ai tout un dossier prêt. Reste plus qu'à aller à la poste cherché les timbres demandés et la liasse AR... j'ai jusqu'à vendredi.
Et à l'heure où j'écris je ne sais toujours pas si je vais le remettre à mon chef d'établissement.
19:20 Publié dans J'ai pas un métier facile! | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : mouvement des maitres, mutations

















