lundi, 16 juin 2008
De l'optimisme altruiste
La fête des pères m'a fait me souvenir d'un échange d'e-mails qui a eu lieu avec un ami l'année dernière à pareille époque .
Il avait un gros coup de cafard parce que quelqu'un lui avait souhaité sa fête. Or papa, à ce moment là, il ne l'était pas.. mais il aurait dû, si le destin ne leur avait pas joué un très sale tour à sa femme et à lui. Je comprenais parfaitement son chagrin mais pour autant je restais très confiante dans leur avenir. Un couple qui s'aime, uni dans l'épreuve, jeune et en bonne santé finirait bien par être parents dans un avenir proche. Je le lui ai dit, mais lui ne l'entendait pas de cette oreille à ce moment là. Ce qui est assez normal. Quand on se sent au fond du trou, la dernière chose qu'on ait envie d'entendre c'est une réflexion du style "mais naaaannnn ça va aller", parce qu'à ce moment là rien ne va.
Et pourtant j'avais raison. Puisque cette année il est père.
Et là je me demande pourquoi il (m') est plus facile d'être optimiste pour les autres que pour soi (moi) -même ? Parce qu'on analyse mieux une situation dans laquelle on n'est pas impliqué? Parce qu'on a par définition plus de recul quand on observe les choses au lieu de les vivre? Parce que lorsque l'on n'est pas directement concerné la raison l'emporte plus facilement sur les émotions et les sentiments?
Toujours est-il, en ce qui me concerne que j'aimerais pouvoir appliquer l'opitmisme que j'affichais pour mon ami à mon propre cas. Et le pire c'est lorsqu'on essaye de me dire que l'avenir sera rose j'ai envie de hurler "mai vous voyez bien que non! mais vous n'en savez rien!! ne dites pas ça pour être gentil comme on balance n'importe quelle banalité d'usage parce que la bienséance le demande".
Comme quoi c'est pas facile d'être positif. Mais j'y travaille.
19:13 Publié dans Parce que ça passe maintenant, Quelques souvenirs | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : fête des pères, optimisme, autrui
mardi, 22 avril 2008
Un écureuil en cristal
Il y a quelques jours, alors que nous étions en sortie pédagogique à Bordeaux, qu'il pleuvait et qu'on se gelait sévèrement les miches, on a dû improviser le pique-nique dans un endroit complètement inapproprié à cela : une galerie commerciale du centre ville. Je me retrouve donc assise par terre à festoyer au jambon pain de mie quand mon regard se pose sur la vitrine en face : celle d'un magasin vendant des figurines en cristal Swarovski.
Vieille réminiscence façon madeleine proustienne en bien moins agréable. J'ai ça chez moi. Comment j'ai pu oublié que j'ai ça chez moi, planqué dans son écrin, planqué dans une boite de rangement, elle même planquée dans un coin de placard?
Ah oui, ça y est, ça me revient.
J'avais 11 ans. Dans la ville où j'habitais alors, une bijouterie vendait ces figurines. Toutes réunies dans une vitrine avec l'éclairage approprié, je trouvais cela magnifique. Comme des jouets de princesse. Alors j'ai économisé tout ce que j'ai pu, soit je crois presque 300 francs, autrement dit, une vraie fortune pour mon age. Ceci dans le but d'acquérir cela:
A la maison, ça n'allait plus très bien depuis déjà plusieurs semaines. Mais du haut de mes 11 ans et demi, je ne comprenais pas tout. Je ne sais plus ce qui s'est passé ce jour là. Une dispute je présume. Ce jour là, ma mère a enfin pris le temps de m'expliquer ce qui se passait dans cette famille qui partait en vrille. Un divorce. Forcément mon monde déjà bien bancale a fini de s'effondrer (et ça encore ce n'était que le début, mais je ne m'en doutais pas encore). J'ai pleuré. Pour me consoler, ou pour montrer que la vie continuait, on a quand même fait ce qui était prévu cet après midi là : aller à la bijouterie dépenser tout mon argent de poche. Et c'est comme ça que j'ai acquis ce ridicule écureuil en cristal. Au début quand même je l'ai mis dans ma chambre... pourtant, il avait perdu toute sa féérie. Puis j'ai grandi. Un jour je l'ai rangé dans son écrin. Je l'ai deménagé plusieurs fois machinalement comme on transporte certains objets dont on n'arrive pas à se défaire. Et puis finalement je l'ai oublié. Jusqu'à ce pique nique dans la galerie des Grands Hommes. J'ai encore attendu quelques jours. Et puis ce matin, j'ai ressorti la bête. Même dans son écrin elle avait pris la poussière. Je l'ai regardée quelques instants et puis finalement je l'ai rangée. Peut être qu'un jour je finirai par le trouver joli cet écureuil en cristal et je le mettrai quelque part sur mon bureau ou ailleurs. Mais pour le moment non. Le pire, c'est que dans la boite où je l'ai rangé, il y a un autre objet en cristal, tout aussi chargé en mauvais souvenirs... peut être que si j'en éprouve le besoin, j'en parlerai. En tout cas, il faut croire que le cristal ça ne réussit pas!
13:33 Publié dans Quelques souvenirs | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : swarovski

















